Depuis que je squatte à Montpellier j'ai hérité d'une de leurs habitudes étranges, celle de lire aux toilettes. Le truc c'est qu'on va très souvent aux toilettes et finalement de prendre le temps de lire deux ou trois pages à chaque fois ça permet de lire des bouquins entiers en un rien de temps.
Les dernières acquisitions littéraires furent les livres de Desproges, il y a pire pour passer son temps aux toilettes. Son écriture incisive, ses blagues nulles assumées rendent le séjour obligatoire aux toilettes un tantinet plus sympathique.
Je viens de finir le Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, ça commence soft mais ça devient de plus en plus absurde c'est un vrai régal. Et au milieu de tout ça on sent qu'il balance des choses qui lui tiennent à coeur (qu'est-ce qu'il parle de St Etienne c'est fou !).
Et les dernières pages du bouquin sont assez fascinantes voyez plutôt :
"Avant de mourir, je voudrais remercier tout particulièrement la municipalité de Pantin, où je suis né, place Jean-Baptiste-Vaquette-de-Gribeauval. Et, comme je suis né gratuitement, je préviens aimablement les corbeaux noirs en casquette de chez Roblot et d'ailleurs que je tiens à mourir également sans verser un kopeck. Ecoutez-moi bien, vampires nécrophages de France : abattre des chênes pour en faire des boîtes, guillotiner les fleurs pour en faire des couronnes, faire semblant d'être triste avec des tronches de faux-cul, bousculer le chagrin des autres en leur exhibant des catalogues cadavériques, gagner sa vie sur la mort de son prochain, c'est un des métiers les moins touchés par le chômage dans notre beau pays.
Mais moi, je vous préviens, croque-morts de France : mon cadavre sera piégé. Le premier qui me touche, je lui saute à la gueule."








1 commentaires:
Je suis trop contente que le style de Desproges te plaise autant, pour moi c'était un homme vraiment génial et unique et sa maîtrise de la langue française est un pur délice à chaque phrase.
Son rapport à la mort est toujours très dur et trsè cynique, vu qu'il a su assez tôt qu'il avait un cancer et que vraisemblablement il allait en mourir, il a beaucoup traité de la mort mais avec son cynisme si particulier, sans jamais se plaindre ou chouiner, et je trouve ça impressionnant.
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